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Quand le monde des vivants rencontre celui des morts

il y a 11 minutes
2 min de lecture

À l'automne, les citrouilles apparaissent sur les perrons, les squelettes décorent les vitrines et les fantômes envahissent nos rues. Pour quelques jours, la mort devient un jeu. Nous nous déguisons en créatures de l'au-delà, nous racontons des histoires effrayantes et nous rions de ce qui, dans d'autres circonstances, pourrait nous terrifier.


Mais d'où vient cette étrange tradition qui nous invite, chaque année, à jouer avec la mort?


Les origines d'Halloween remontent notamment à Samhain, une fête saisonnière célébrée par les peuples celtes d'Europe, il y a plus de deux mille ans. Elle marquait la fin des récoltes et l'entrée dans la période sombre de l'année. Selon les croyances associées à cette fête, la frontière entre le monde des vivants et celui des esprits devenait plus perméable. On allumait des feux et certaines pratiques visaient à protéger les communautés des esprits ou à les accueillir.


Au fil des siècles, ces traditions se sont mêlées aux célébrations chrétiennes de la Toussaint, le 1er novembre, et du jour des Morts, le 2 novembre. La veille de la Toussaint, appelée All Hallows' Eve en anglais, a progressivement donné naissance au nom Halloween. Les coutumes ont ensuite évolué, notamment avec les traditions populaires irlandaises et écossaises apportées en Amérique du Nord par les personnes immigrantes au XIXe siècle.

Le porte-à-porte, les déguisements et les friandises se sont transformés au fil du temps pour donner naissance à l'Halloween que nous connaissons aujourd'hui.


Derrière les costumes et les bonbons se trouve donc une histoire ancienne, traversée par une préoccupation qui nous accompagne depuis toujours : notre relation avec la mort et avec celles et ceux qui nous ont précédés.


La mort que nous cachons

Dans nos sociétés contemporaines, la mort est souvent prise en charge par des institutions médicales et funéraires. Nous pouvons grandir, travailler, aimer et vieillir sans être directement confrontés à la fin de vie. Peut-être est-ce aussi pour cette raison que nous avons parfois tant de difficulté à en parler.


Pourtant, la mort fait partie de la vie. Elle traverse nos histoires, nos familles et nos communautés. Elle laisse des absences, transforme nos repères et bouleverse parfois notre rapport au monde. Nous pourrions peut-être cesser de considérer la mort comme un sujet qu'il vaut mieux éviter. Lui faire une place, ce serait aussi reconnaître la réalité de celles et ceux qui vivent avec une perte, sans leur demander, implicitement ou non, de retrouver rapidement leur quotidien.


Faire une place à l'absence

À l'approche de l'Halloween, les fantômes nous rappellent symboliquement ce qui revient nous visiter. Et si cette période de l'année nous offrait aussi l'occasion de réfléchir à notre rapport aux personnes que nous avons perdues, à nos propres limites et à la fragilité de la vie?


Les liens ne disparaissent pas toujours avec la mort. Ils peuvent se transformer et continuer à vivre dans une histoire racontée, une photographie conservée, un geste transmis ou un souvenir qui nous accompagne. Chacun trouve sa manière de composer avec l'absence.


Nous ne pouvons pas abolir la mort. Mais nous pouvons choisir la place que nous lui accordons dans nos conversations, nos familles et nos communautés.




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